VITE une enquête publique sur la DPJ

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VITE une enquête publique sur la DPJ

Message  Sylvestre le Ven 24 Jan 2014 - 1:37

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VITE une enquête publique sur la DPJ
Lise Ravary - 13 février 2013

Comme bien des gens ce matin, j’ai été révoltée par l’affaire Malenfant, ce monstre qui a maltraité des petits garçons placés chez lui par la DPJ, et ce, pendant des années.

Depuis le documentaire de Paul Arcand, Les voleurs d’enfance, sorti en 2005, les choses ont-elles évolué au sein de la DPJ ? Qui sait. À l’époque, le directeur de la DPJ au Saguenay avait dit, grosso modo, qu’il valait mieux ne pas trop parler de ces choses-là car les gens pourraient perdre confiance dans le système et faire moins de signalements. Il invitait les gens à ‘faire confiance au système’, rapportait Le Devoir.

Pendant ce temps, la DPJ fait confiance à des types comme Malenfant qui a dėclaré ce matin que c’était lui la vraie victime…

Difficile d’accorder une confiance aveugle à un organisme aussi fermé, aussi hermétique que la DPJ. Qui bénéficie de l’immunité et ne peut être poursuivie !

UN ÉTAT DANS L’ÉTAT

Faites une recherche sur Google avec les mots ‘enquête sur la DPJ’. En fait, ne perdez pas votre temps, je l’ai fait. Ça ne donne rien. Y’en a pas d’enquêtes sur la DPJ. La Direction de la protection de la jeunesse du Québec, c’est un État dans l’État. Un État quasi-stalinien, bureaucratique, idéologique, dans un État mou. Enveloppé dans une culture de l’impunité. Vous en connaissez des employés de la DPJ qui ont été inculpés au criminel pour malversations ? Pas moi.

Le Québec n’est pas fou de ses enfants, le Québec se fout de ses enfants.

C’est comme si le fait d’avoir le mandat de protéger les enfants accordait à la DPJ une aura de sainteté qui la mettait à l’abri de toutes questions sur la place publique. Des enfants qui meurent (Lauréalie, Anaïs et Loic à Drummondville, Rébecca Lévesque dans un centre jeunesse), des appels à l’aide non entendus (les filles Shafia, les enfants confiés à Langis Malenfant, un bourreau qui porte bien son nom), des décisions insensées pour le commmun des mortels mais pas pour les lologues instruits de  la DPJ (imposer à une fillette de vivre une semaine sur deux avec son agresseur sexuel, forcer une autre fillette à voir son père qui l’a violée une fin de semaine sur deux). La liste est longue et probablement encore plus longue qu’on ne le croit car une enquête journalistique sur la DPJ, c’est à toutes fins pratiques impossible. À moins de l’infiltrer.

L’omerta est cimentée par la loi sur la confidentialité. Nécessaire pour protéger les mineurs dit-on. Je comprends cette notion, plus que valable, mais il faudrait peut-être se demander si le silence aide les victimes au final.

On est condamnés à vivre avec des allégations qui fusent de tous bords, tous côtés.

QUI DIT VRAI ?

Dans la foulée du meurtre des trois enfants de Sonia Blanchette à Drummondville, la plupart des journalistes ont reçu des appels et des courriels de parents frustrés qui voulaient raconter leur petite histoire d’horreur au sujet de la DPJ. J’en ai écouté quelques unes. La majorité venaient de mères démolies parce qu’elles avaient perdu la garde de leurs petits. Qui n’avaient rien fait du tout pour mériter cela, que la voisine cherchait à se venger en faisant des signalements bidons.

Peut-être. Et je compatis. Dans une fonction publique gangrainée par la bien-pensance, il y a de quoi s’inquiéter des motifs de retrait des enfants de leur famille. La DPJ, par exemple, garde à l’oeil de dangereuses familles chrétiennes qui font la classe à leurs enfants à la maison. Ce qui n’est pas illégal.

Il doit certes y avoir des erreurs, de la négligence, du travail mal fait, mais je veux croire que la DPJ ne retire pas des enfants à leur famille sans raison valable. Le commérage de quartier ne suffit pas. Mais comment savoir où se situe la vérité ? Le parent lésé raconte son histoire mais il n’y a personne pour la confirmer, à moins qu’on ne se retrouve avec une cause au criminel.

Mais ce qui m’inquiète encore plus que les abus dans les cas de retraits, ce sont les cas d’enfants qu’on laisse dans des environnements à risque.

UN BOURREAU ORDINAIRE

Prenons le cas du bourreau de Sainte-Françoise, Langis Malenfant, responsable d’une maison d’accueil. Il a été trouvé coupable de sévices graves sur deux enfants qui lui avait été confiés par la DPJ, de 2001 à 2005. Ils dormaient dehors au froid, ils recevaient régulièrement la strappe, portaient des sous-vêtements souillés. On les a même forcés de décaper une porte avec leurs ongles.

Or, la DPJ avait retiré le permis de famille d’accueil à ce monstre à DEUX reprises. Mais le lui avait redonné parce que c’était ‘une bonne personne’.

Les enfants, rapporte le Journal, ont raconté ce qu’ils vivaient à leur enseignante et auraient porté plainte à plus d’une reprise à leur travailleur social, qui avait fini par demander de ne plus le déranger avec ça.

La DPJ n’a pas cessé pour autant de confier des enfants à cet homme. De 2001 à 2010, il a eu le champ libre, convaincu qu’il ne faisait que corriger des enfants turbulents. Comment une telle chose peut-elle arriver dans un petit village de 479 habitants sans que personne ne sache ce qui se passait ? On nous prend vraiment pour des crétins. Cet homme a hébergé des enfants pendant neuf ans !

J’écris ces lignes et j’en ai l’estomac et la gorge noués.

QUI PARLE POUR LES ENFANTS ?

J’ai déjà trouvé l’ex-juge Ruffo un peu exaltée. Je m’en repens. Il nous faut une passionnara des enfants, une folle finie des petits, une croisée de la cause la plus importante qui soit, la défense et la protection des plus vulnérables, les enfants.

On ne peut même pas se fier aux juges du Tribunal de la jeunesse qui pondent des jugements bizarres par moment.

Quelqu’un qui SAIT ce qui se passe dans le système, qui connait les moindres coins et racoins de la protection de la jeunesse au Québec. Et de la loi qui l’encadre Et qui gueule. Et gueule encore. Dénonce. Répare. Jusqu’à ce que des enfants confiés aux soins de l’État arrêtent de souffrir et de mourir.

J’AI FAIT UN SIGNALEMENT

J’ai fait un signalement dans ma vie. La petite fille de six ans d’une voisine portait des marques de brulûres sur les mains. Je lui ai demandé ce que c’était. Sa mère la brûlait avec des cuillers qu’elle faisait chauffer sur la cuisinière, m’a-t-elle dit, en toute candeur, comme si c’était normal.

J’ai appelé la DPJ sur-le-champ. Que s’est-il passé ? Rien du tout. J’ai fini par savoir que l’enseignante de la fillette, et de ma fille, avait aussi signalé le cas et s’était fait dire que c’était culturel, qu’on ne s’en mêlait pas. Et que le père, un mafieux iranien, caïd de l’importation de l’héroïne à Montréal, avait menacé tout le monde dans le dossier. ‘Mêlez-vous de vos affaires, ou il pourrait vous arriver des malheurs.’

Le père a fini par être expulsé du Canada mais la mère est restée ici avec ses enfants. La famille est disparue dans la nature.

Cette histoire remonte à plusieurs années. Jusqu’à l’affaire Shafia, je me suis réconfortée en me disant que les moeurs avaient sans doute changé. Que l’argument culturel avait été effacé du manuel d’intervention. Éternelle optimiste, je me suis dis que la DPJ avait compris que la souffrance d’un enfant ne se justifie jamais par des arguments culturels.

L’ASPHALTE AVANT LES ENFANTS ?

Et puis j’apprends qu’un monstre bien de chez nous a martyrisé des enfants dont il avait la charge, pendant neuf ans, dans un village de 500 habitants. Et que personne n’a rien fait. Battre des enfants, c’est culturel au Québec ?

Et dire qu’on regarde d’en-haut la culture des autres. Alors qu’Aurore continue de vivre parmi nous.

Vite une enquête indépendante. Un ombudsman. L’asphalte, le béton et l’argent, c’est grave. Mais jamais aussi important que la vie d’un seul enfant.

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